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 Disparition de Medhi Ben Barka

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MessageSujet: Disparition de Medhi Ben Barka   Jeu 4 Juin 2015 - 19:58

Les services secrets israéliens auraient aidé Rabat à localiser l'opposant marocain Mehdi Ben Barka et à le faire disparaître, en octobre 1965 à Paris, selon les révélations de deux journalistes du quotidien israélien Yediot Aharonot.



L'implication du Mossad, les services secrets israéliens, dans l'enlèvement à Paris de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965 a très tôt été soupçonnée. En 2008, le journaliste Samuel Segev avait évoqué l'implication du Mossad et rappelé dans un livre des détails sur les relations secrètes entre Israël et le Maroc. Le Mossad avait selon lui, indirectement permis aux services secrets marocains de repérer l'opposant socialiste, puis de le piéger.  

Mehdi Ben Barka a été enlevé par deux policiers français, le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp, à Paris. L'opposant au régime marocain avait rendez-vous avec des cinéastes pour un projet de films sur la décolonisation. Il n'a pas réapparu et son corps n'a jamais été retrouvé.  

Lire le récit d'un témoin publié dans L'Express en 1966: J'ai vu tuer Ben Barka  

Aujourd'hui, des journalistes du quotidien israélien Yediot Aharonot, Ronen Bergman et Shlomo Nakdimon font de nouvelles révélations sur l'affaire. Dans les années 1960, la France embourbée dans la guerre d'Algérie, a, selon les deux journalistes, établi des relations soutenues avec le Mossad, pour obtenir des informations sur le FLN. Le Mossad dispose donc d'une implantation en France. Israël a également développé des relations avec le Maroc, le plus pro-occidental des pays arabes, l'aidant notamment à restructurer ses services secrets du royaume. Les services secrets israéliens ont obtenu de pouvoir observer un sommet de la Ligue arabe à Casablanca, en septembre 1965.

En échange, Rabat exige du Mossad son aide pour repérer et éliminer l'opposant Mehdi Ben Barka, qui voyage toujours incognito, avec beaucoup de précautions pour ne pas se faire repérer, précise Ronen Bergman interrogé par Le Monde.  
Dans la forêt de Saint-Germain

Après avoir repéré l'opposant, le Mossad fournit une aide matérielle, des faux documents, une cache, pour son enlèvement, selon l'enquête des journalistes. Si le Mossad n'est pas impliqué dans la mort de Ben Barka, il se charge de faire disparaitre sa dépouille, dans la forêt de Saint Germain: "Le service a eu l'idée de dissoudre le corps avant de l'enterrer avec de l'acide, raconte Ronen Bergman au Monde, à base de produits chimiques achetés dans plusieurs pharmacies. Cette nuit-là, il a plu. La pluie a accéléré le processus."  
Trois ans plus tard, une route a été construite à cet endroit. S'il reste quelque chose de sa dépouille, c'est sous un noeud routier à cet endroit, expliquent les deux journalistes dans le Yediot Aharonot. Selon eux, le Mossad a agi parce qu'il était redevable envers le Maroc, mais n'avait pas d'hostilité particulière envers l'opposant marocain qui avait entretenu des relations avec des officiels israéliens et "admirait, selon les deux journalistes, les réalisations de l'Etat hébreu dans le domaine de l'agriculture, du développement régional et de l'armée."



source : http://www.lexpress.fr/

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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Ven 19 Juin 2015 - 8:33

L'affaire
L'enlèvement
Une première approche

En avril 1965, le journaliste Philippe Bernier est contacté par un Marocain du nom de "Chtouki". Bernier a commencé sa carrière au Maroc dans les années 1950. Il y a fait la connaissance de nationalistes et a pris part aux événements qui conduiront le pays à l'indépendance. Après un passage à Radio-Maroc, il est entré au studio d'Alger de la RTF et a notamment couvert le mouvements insurrectionnel de Pierre Lagaillarde. Il a été contraint de démissionner, puis s'est lancé dans diverses entreprises de presse avec des fortunes diverses. C'est un homme de gauche qui a été soupçonné d'assistance au FLN. Il est l'ami de Mehdi Ben Barka depuis une dizaine d'années.

Chtouki prétend résider à l'ambassade du Maroc et travailler avec le général Oufkir, ministre de l'Intérieur. Il propose à Bernier de persuader Ben Barka de rentrer au Maroc, faute de quoi celui-ci sera enlevé en Algérie et échangé contre le colonel Sadok, opposant du président algérien Ben Bella qui s'est réfugié au Maroc. Chtouki propose 400.000 francs à Bernier en échange de son intervention. Bernier décline l'offre et fait prévenir Sadok, Ben Barka et plusieurs de ses amis.
Le projet Basta !

À l'été 1965, Bernier travaille sur un projet de film documentaire consacré à la décolonisation. Il en parle à Ben Barka qui s'intéresse au projet et suggère un titre : Basta ! Bernier se met en quête d'un producteur. Le réalisateur Michel Mitrani propose le nom de Georges Figon, que Bernier croise fréquemment à Saint-Germain-des-Prés. Figon est un ex-mauvais garçon devenu éditeur, qui compte parmi ses relations certaines personnalités de l'intelligentsia de gauche. Il s'intéresse lui aussi au projet de film et prétend pouvoir obtenir un financement du producteur italien Cino Del Duca. Figon amène à Bernier le cinéaste Georges Franju et assure avoir convaincu Marguerite Duras d'en écrire les dialogues.

Le 2 septembre, Bernier et Figon se rendent au Caire. Peu avant le départ, Bernier se rend compte que son passeport est périmé. Figon téléphone à l'une de ses connaissances : Antoine Lopez, inspecteur principal d'Air France à Orly. Celui-ci conduit Bernier jusqu'à la préfecture de police où un officier de police de la brigade mondaine qui fait partie de ses relations renouvelle son passeport séance tenante. Au Caire, Bernier présente Figon à Ben Barka. Ils restent trois jours sur place et ont plusieurs entretiens à propos du film.

Le 20 septembre, Bernier et Figon se rendent à Genève pour un nouveau rendez-vous avec le leader marocain. Bernier et Figon ne sont pas dans le même avion. Dans la salle d'embarquement, Figon qui se trouve avec Lopez croise son avocat Maître Pierre Lemarchand et échange quelques mots avec lui. Bernier, Figon et Ben Barka se retrouvent à Genève et téléphonent à Franju pour convenir d'une nouvelle séance de travail.

Début octobre, Figon se rend seul à Genève pour soumettre à Ben Barka le synopsis de Bernier revu par Franju. Il en rapporte le contrat signé par Ben Barka et informe Bernier et Franju que la séance de travail sur Basta ! aura lieu fin octobre à Paris.

L'interpellation


Le 26 octobre, Ben Barka contacte Bernier et lui demande de réserver les trois derniers jours du mois pour cette séance de travail. Il l'informe qu'il lui présentera un jeune historien marocain qui pourra être utile au projet. Le lendemain il rappelle Bernier pour fixer le rendez-vous le vendredi 29 octobre à 12 h 15. Bernier propose la brasserie Lipp, 151 boulevard Saint-Germain. Il informe Franju qui prévient Figon. Les trois hommes se retrouvent à la brasserie à l'heure dite.

Ben Barka est arrivé à Orly à 9 heures du matin. Il a retrouvé en fin de matinée un étudiant marocain de 28 ans nommé Thami El-Azemouri (Azemourri) et son épouse dans un café des Champs-Élysées. Vers midi, le leader marocain et l'étudiant se font déposer par un taxi à St Germain. À 12 h 30, Ben Barka est interpellé sur le trottoir devant le cinéma qui jouxte le drugstore Publicis par deux hommes qui présentent des cartes de police. Ils éconduisent El-Azemouri et font monter le leader marocain dans une 403 banalisée qui disparaît dans la circulation. Dès lors, Ben Barka ne sera plus jamais revu.

L'alerte

Dès le lendemain, des journalistes et des personnalités diverses se renseignent auprès de la préfecture de police et du ministère de l'Intérieur au sujet d'une éventuelle arrestation du leader marocain. La source de l'information est Mohammed Tahri, personnalité de la gauche marocaine et ami de Ben Barka. Il avait rendez-vous avec lui la veille pour aller au théâtre en compagnie de son frère, Abdelkader Ben Barka. Les deux hommes ont attendu vainement le leader marocain. Tahri a été mis au courant de l'interpellation vers une heure du matin. C'est un représentant de l'UNFP auprès des étudiants marocains nommé Mohammed Sinaceur qui lui a transmis un message d'El-Azemouri, lequel se cache depuis les faits. Dans la matinée du 30, Tahri informe le journaliste Jean Lacouture et l'avocate Gisèle Halimi de la disparition du leader marocain. Les collaborateurs du Monde et de France-Soir alertent en fin de matinée la préfecture de police, la Sûreté nationale, le Quai d'Orsay et le ministère de l'Intérieur. Edgar Faure, prévenu par Gisèle Halimi, contacte le ministre de l'Intérieur Roger Frey vers 17 heures pour évoquer la disparition du leader marocain. Les différents services de police ont engagé des vérifications depuis la fin de matinée et ont fait savoir qu'ils n'étaient pas au courant de cette affaire. Selon Jacques Derogy, les recherches ont été engagées dès l'origine à proximité du deuxième drugstore, celui de St Germain-des-Prés, alors que l'information initiale mentionnait celui des Champs-Élysées. Le commissaire Marchand, chargé de l'enquête, contredira cette information dans son témoignage lors du procès : il affirme que jusqu'à 17 heures le dimanche 31 octobre, la police judiciaire situait l'interpellation sur les Champs-Élysées. Abdelkader Ben Barka a confirmé l'information vers 14 h 30 à un fonctionnaire de la préfecture de police qui s'est rendu chez lui pour obtenir des renseignements et lui donner l'assurance que son frère n'a pas été arrêté par la police. Le journal Le Monde qui paraît dans l'après-midi du 30 octobre publie un entrefilet mentionnant l'arrestation de Mehdi Ben Barka « par deux personnes présentant des cartes de police » le vendredi précédent. L'enlèvement de Ben Barka commence à être évoqué par les radios en début de soirée.

Abdelkader Ben Barka dépose officiellement plainte contre X pour enlèvement et séquestration arbitraire le dimanche 31 octobre à 11 heures. El-Azemouri est identifié vers 15h30 mais reste introuvable. Tahri est entendu à 17 heures, sur l'insistance du commissaire Marchand. Il précise que l'enlèvement a eu lieu boulevard St Germain et non aux Champs Élysées. À 19h40, il se remémore le nom du cinéaste avec qui Ben Barka avait rendez-vous : Franju. Dûment identifié, Georges Franju est convoqué pour le lendemain.

Les recherches

Les vérifications ont permis de constater que Ben Barka ne se trouve pas dans une prison française. Les premiers témoignages de Franju et Bernier sont recueillis le 1er novembre : c'est Franju qui a communiqué les coordonnées de Bernier (et de Figon) aux enquêteurs. Le nom de Figon a été préalablement cité au commissaire Marchand par le commissaire Jean Caille, des Renseignements généraux. Selon lui, l'intéressé se vante d'avoir participé à l'enlèvement de M. Ben Barka et ce renseignement, donné par un informateur, paraît sérieux. Un avis de recherche le concernant est lancé le jour même par la police judiciaire.

Le 2 novembre, une instruction est ouverte par le juge Louis Zollinger. L'enquête est confiée à la brigade criminelle dirigée par le commissaire Bouvier. Il prend connaissance des premiers procès-verbaux et d'informations obtenues par le commissaire Caille. Celui-ci lui apprend le rôle de Figon et d'un nommé Antoine Lopez dans l'enlèvement. Il lui indique également que Ben Barka a été conduit dans une villa de Seine-et-Oise connue de Figon et que le général Oufkir serait venu chez Lopez le lendemain. Bernier, informé par des étudiants marocains, confirme que des allées et venues de voitures (dont un véhicule immatriculé corps diplomatique) ont été remarquées à Fontenay-le-Vicomte. Le même jour, le journal Le Monde signale que le général Oufkir « aurait fait une visite rapide à Paris dans la journée de vendredi (29 octobre) ».

Le mercredi 3 novembre, le général Oufkir arrivé de Genève la veille, participe à un cocktail offert au ministère de l'Intérieur en l'honneur de quatre gouverneurs marocains qui terminent un stage d'études de trois mois en France. Il y rencontre le préfet de police Maurice Papon et le ministre de l'Intérieur Roger Frey. Il s'envolera le lendemain pour le Maroc avec le chef de la police Ahmed Dlimi

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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Ven 19 Juin 2015 - 8:38

L'enquête
Le contexte

Philippe Bernier paraît de bonne foi : il a cru au projet de film et n'était pas au courant du projet d'enlèvement. Il n'en va pas de même pour Figon. Georges Figon est un fils de bonne famille dévoyé qui a passé trois ans en hôpital psychiatrique et onze ans derrière les barreaux : en 1950, à l'occasion d'une tentative d'escroquerie il a tiré sur un policier. Légèrement mythomane, il est sorti de prison en 1961 et entretient des amitiés avec l'intelligentsia parisienne. Il a participé en toute connaissance de cause à la préparation du projet de film qui a servi de prétexte pour attirer Ben Barka à Paris.

Le 3 novembre, l'enlèvement est évoqué en conseil des ministres. Le général De Gaulle mentionne « une affaire bizarre » à laquelle « le ministre de l'intérieur marocain, Oufkir, est mêlé » ayant été « aidé par des Français ». Il conclut : « Ce qui est sûr, c'est qu'il faudra établir la vérité et en tirer toutes les conséquences. »

Le fait qu'un homme politique étranger ait pu être enlevé en plein Paris suscite rapidement de nombreux articles de presse. L'information concernant le voyage-éclair du général Oufkir en France au lendemain de la disparition de Ben Barka amène de nombreuses interrogations. Ces questions se perdent au milieu des commentaires concernant l'annonce, le 4 novembre, de la candidature du général De Gaulle à l'élection présidentielle. Cependant dès le 6 novembre, François Mitterrand, candidat lui aussi, dénonce « une atteinte grave au renom de notre pays », demande « l'immédiate libération » de Ben Barka et souhaite que soient sévèrement sanctionnées « la faiblesse, sinon la complicité des services de police ».

Le 8 novembre, Jacques Derogy et Jean-François Kahn publient dans le magazine l'Express un article intitulé « Les étranges coïncidences de l'affaire Ben Barka » qui dénonce un « scandale politique » derrière ce qui aurait pu apparaître comme un crime crapuleux. Le magazine par la voix de son directeur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, prend fait et cause pour que soit levé le mystère autour de cet enlèvement. Les nombreux articles publiés pendant les semaines qui suivent citent nommément le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l'Intérieur et chef des services secrets, arrivé à Paris le 30 octobre et reparti le lendemain.

Le 17 novembre, Claude Bourdet et David Weill, conseillers municipaux (P.S.U.) saisissent le conseil municipal de Paris d'une question d'urgence sur les conditions de l'enlèvement du leader marocain. M. Papon, préfet de police, s'oppose à la discussion, en ces termes : « Le gouvernement entend faire toute la lumière sur cette affaire et il le prouve. La préfecture de police entend mener son enquête vigoureusement, quelles que soient les circonstances et elle le prouve. La justice étant saisie et le judiciaire tenant, selon l'adage, " l'administratif en l'état ", je ne puis que m'opposer à ce débat ».

Les méthodes du juge Zollinger donneront lieu à une diffusion rapide des péripéties de l'instruction : celui-ci informe en effet systématiquement les avocats des parties civiles, lesquels informent à leur tour les journalistes. De fait, "l'affaire Ben Barka" fera fréquemment les grands titres de la presse au cours des semaines et des mois qui suivront. Cependant l'affaire ne va guère être évoquée pendant la campagne électorale, à l'exception de déclarations et d'interpellations de François Mitterrand et Pierre Marcilhacy

Les révélations de Louis Souchon

C'est au mois de janvier, après le deuxième tour qui a vu la victoire du général De Gaulle, que le scandale va prendre de l'ampleur. Le 17 janvier, les informations divulguées à l'issue de l'interrogatoire par le juge Zollinger de l'officier de police Souchon font état d'une information préalable de hautes autorités de l'État. Le 14 janvier, Louis Souchon a déclaré en effet au juge Zollinger qu'Antoine Lopez lui a indiqué, quand il l'a sollicité pour procéder à l'interpellation de Mehdi Ben Barka, que l'opération était couverte par le colonel Le Roy-Finville du SDECE; Lopez aurait ajouté « Jacques Foccart est pour le moins au parfum. » Souchon ajoute qu'il a informé dès le 3 novembre - soit huit jours avant son arrestation - le directeur de la Police judiciaire Max Fernet et son adjoint le commissaire Simbille de son rôle dans l'enlèvement de Ben Barka et de la protection invoquée par Lopez. Il explique enfin au juge que c'est lui qui, le 3 novembre, a contacté Lopez et l'a accompagné à la police judiciaire.

Jean Lecanuet dépose aussitôt une question écrite au Sénat, demandant au premier ministre « de lui faire connaître s'il estime fondées les révélations qui mettent en cause la responsabilité du ministre de l'intérieur et de plusieurs hauts fonctionnaires ». Le 20 janvier, François Mitterrand somme le gouvernement de s'expliquer.

Les explications de Max Fernet

Entendus dès le 15 janvier, Max Fernet et André Simbille confirment les révélations de leur subordonné concernant sa confession du 3 novembre. « Notre seul souci était alors de retrouver Ben Barka. (...) Pour ne pas gêner l'enquête policière, nous avons mis Souchon et Voitot sous surveillance, après en avoir avisé le préfet de police Maurice Papon ainsi que Roger Frey. Quand au bout de huit jours on s'est aperçu que cette surveillance ne pouvait plus rien donner, nous les avons déférés au commissaire Bouvier. Mais tous deux ont commencé par nier toute participation. (...) L'étudiant El-Azemouri n'a même pas été capable de les reconnaître formellement. Il a donc fallu que j'intervienne personnellement pour que Souchon finisse par passer des aveux et confirmer ce qu'il avait reconnu devant nous huit jours auparavant. »

Le 20 janvier, entendu par le juge Zollinger, Antoine Lopez conteste formellement les propos que lui a prêtés Souchon à propos de la citation de Jacques Foccart. Max Fernet et André Simbille démentent également l'allégation de Souchon. Le 21 janvier, lors d'une confrontation générale, Lopez modifie sa version des faits : « Je ne me souviens pas d'avoir tenu ce propos, dit-il en substance, mais si Souchon m'avait interrogé en ce 28 octobre sur ce point, je lui aurais certainement répondu que M. Foccart était peut-être au courant, car à ce niveau on est au courant de beaucoup de choses. » Lors de la même confrontation, Souchon se montre moins affirmatif à propos de l'information de ses supérieurs

Le suicide de Figon

C'est cependant l'annonce du suicide de Georges Figon, le 17 janvier, qui va déclencher les réactions les plus virulentes. Le quotidien communiste L'Humanité dénonce "un scandale d'État" et conclut qu'il faut "débarbouzer" le régime. L'Aurore, très anti-gaulliste, Le Figaro, plutôt gaulliste, Le Monde, très hostile, publient de nombreux articles sur le "caractère troublant" du suicide de Figon; Le Canard Enchainé titre, goguenard, « Georges Figon suicidé de trois balles mortelles dans la tête ! ». Le parallèle est fait avec le suicide de Stavisky. Le gouvernement est soupçonné de vouloir refuser, saboter ou freiner la vérité. La presse internationale n'est pas en reste. Le Times et le Daily Mail évoquent « un nouveau scandale français ». Les communistes demandent la convocation immédiate de l'Assemblée nationale pour répondre aux questions posées sur l'affaire. Ils sont imités par les députés socialistes qui demandent « la convocation du Parlement pour qu'un débat contradictoire ait lieu sur cette affaire qui concerne à la fois le respect des principes essentiels de garantie de la liberté individuelle et le respect des lois internationales sur notre territoire ». La Ligue des Droits de l'homme réclame également un débat parlementaire, les sénateurs socialistes interpellent le gouvernement, Gaston Defferre et François Mitterrand le somment de s'expliquer.

L'appel pour « la vérité sur l'affaire Ben Barka »

Le 17 janvier, seize personnalités prestigieuses issues des milieux politiques, culturels et scientifiques lancent un appel « pour que la lumière soit faite sur le sort de Mehdi Ben Barka et pour que soient démasqués et châtiés les responsables quels qu'ils soient. »

Cet appel dit notamment : « Si l'information judiciaire a abouti déjà à plusieurs inculpations, il ne paraît pas que les responsabilités essentielles aient été encore dégagées. L'opinion ne saurait tolérer que des éléments incontrôlés, mal contrôlés ou inspirés puissent se livrer à des rapts politiques sur le territoire français. Elle attend du gouvernement qu'il prenne une pleine conscience de ses responsabilités. »

La colère de De Gaulle

Le 19 janvier, l'affaire est à nouveau évoquée en conseil des ministres. Le premier ministre Georges Pompidou rappelle que « des membres des services français, de la police et du SDECE sont coupables de complicité active et de participation au crime. »

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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Ven 19 Juin 2015 - 8:38

Avertissement

Ces révélations sont à prendre avec beaucoup de circonspection car, comme souvent dans ce genre d'affaires, peu de révélations apparaissent sincères. La plupart n'ont pour but que de brouiller les pistes… l'Est chargeant l'Ouest, le Nord (ici la France) chargeant le Sud (ici le Maroc) à charge de revanche.

De plus, l'habituelle guerre des services secrets ne fait que « brouiller les cartes ».

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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Ven 19 Juin 2015 - 18:19

j'ai écouté toute l'histoire sur France Inter il y a quelques jours, c'était fort intéressant !
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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Sam 20 Juin 2015 - 9:03

oui on ne saura vraiment jamais le fond de l'histoire.
Il y a tout de meme beaucoup d affaire non resolue ou sur lesquelles planent l'ombre du secret

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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Dim 21 Juin 2015 - 10:06

Il n'y a plus de mystère d'après cette émission de France Inter très bien faite, mais il reste cependant une énigme : Où se trouve le corps ? cela n'a jamais été élucidé.
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MessageSujet: Re: Disparition de Medhi Ben Barka   Lun 22 Juin 2015 - 10:23

et oui, c'est au corps de la victime que je pensais ...
en parlant de mystère

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