REVES???Ce que nous prenons pour des rêves peut être aussi, quelquefois, un voyage de notre corps astral vers « ailleurs », ou aussi un voyage de notre âme dans le passé.
C’est-ce qui m’est arrivé plusieurs fois, et j’ai pris soin de noter ces « rêves » qui n’en étaient pas dès mon réveil.
Je suis persuadée que c’était un retour vers mes vies antérieures et ils m’ont fait une impression inoubliable.
Voici par exemple le « rêve » du Dr Hilprecht.Le Dr Hermann V. Hilprecht était las. On était à la mi-mars 1893 et, depuis des semaines, il travaillait à son dernier livre. Les épreuves étaient arrivées et bientôt, son œuvre serait mise au monde Le titre en était: Expédition babylonienne de l'Université de Pennsylvanie — Série A : Textes cunéiformes, vol. I — 1° partie : Inscriptions babyloniennes anciennes, principalement de Nippour. Et Hermann Hilprecht, professeur d'assyriologie à l'université de Pennsylvanie, restait insatisfait. Deux petits fragments d'agate gravée, provenant, pensait-il, de bagues, avaient résisté à ses efforts de déchiffrement. On avait trouvé à Nippour, dans le temple de Baal, de nombreux fragments similaires, mais, dans ce cas précis, il n'avait eu en main que des croquis, non les originaux.
Après des semaines d'étude, Hilprecht avait fini par dater ces fragments: entre 1700 et 1140 av. J.-C., soit la période kassite de l'histoire babylonienne.
Pensant discerner sur l'un d'eux le caractère cunéïforme kou, il l'avait attribué, hypothétiquement, au roi Kourigalzou; quant à l'autre, il s'était résigné à le reléguer dans le groupe nombreux des pièces kassites non identifiées. Les dernières épreuves de son étude de ces fragments non classés attendaient son approbation, et il signa à regret le «bon à tirer». Il était près de minuit. Le professeur, épuisé, alla se coucher.
Il s'endormit presque aussitôt et fit un rêve étrange. Un personnage grand et maigre lui apparut, vêtu d'une robe, âgé d'une quarantaine d'années: le fantôme d'un prêtre de l'époque babylonienne.
D'un signe, il invita le professeur à le suivre. Ensemble, ils voyagèrent à travers le temps et arrivèrent à la salle du trésor du temple de Baal. C'était une pièce basse, sans fenêtres ; elle contenait un grand coffre en bois, et le sol était jonché de fragments d'agates et de lapis-lazuli.
Le personnage se retourna vers lui et lui dit :
"Les deux fragments que vous avez publiés séparément page 22 et page 26 se complètent. Ce ne sont pas des bagues. Voici leur histoire : un jour, le roi Kourigalzou [vers 1300 av. J.-C.] envoya au temple de Baal — parmi d'autres objets en agate et en lapis-lazuli — un cylindre votif gravé en agate.
Ensuite, à nous les prêtres, il commanda de façonner des boucles d'oreilles d'agate pour la statue du dieu Ninib. Ne disposant pas du matériau nécessaire, nous fûmes fort embarrassés : pour obéir au roi, il ne nous restait plus qu'à couper en trois le cylindre votif. Nous obtînmes ainsi trois boucles d'oreilles, chacune contenant une partie de l'inscription originale.
Les deux premières boucles allèrent orner la statue du dieu. Les deux fragments qui vous ont donné tant de mal en font partie. Rapprochez-les, et vous aurez la preuve de mes paroles. Quant à la troisième boucle, vous ne l'avez pas encore découverte au cours de vos fouilles — et jamais vous ne la retrouverez."Le prêtre disparut. Hilprecht se réveilla et informa aussitôt sa femme de ce qui venait de se passer.
Le lendemain, un dimanche, il examina une fois de plus les fragments. C'était vrai. En les juxtaposant, il put retrouver l'inscription originale : « Au Dieu Ninib, fils de Baal, son Seigneur, Kourigalzou, ? --.:"_- ;; 3:,al. a offert ceci. »
Tremblant d'émotion, le professeur Hilprecht fit part de son aventure à son ami et collègue William Newbold, et lui montra le récit qu'il avait écrit de son rêve pendant qu'il lui était très présent à l'esprit. Ensemble, ils étudièrent les notes prises lors de l'exhumation des fragments. Newbold souleva une objection : d'après la description originale faite par l'archéologue John P. Peters, les deux fragments présentaient des couleurs différentes. Comment, dès lors, avaient-ils pu constituer même deux parties sur trois d'un même objet ?
Le professeur Hilprecht admit cette difficulté et décida d'aller examiner les fragments sur place, l'été suivant, lorsqu'il se rendrait au musée d'Istanbul, où ils étaient conservés.
Ce voyage à Istanbul se fit sous les auspices du Comité de l'Expédition babylonienne, en vue de répertorier et d'étudier les objets provenant des fouilles de Nippour. Hilprecht raconta son rêve au conservateur du musée, Halil Bey, et lui demanda la permission d'examiner les fragments. Il écrivit ensuite :
Je trouvai l'un des fragments dans une vitrine, et l'autre, dans une autre, beaucoup plus loin. Quand je les rapprochai, la véracité de mon rêve me sauta aux yeux. Ils appartenaient bien tous les deux au même cylindre votif!
Comme, à l'origine, ce cylindre était fait d'une agate finement veinée, le tailleur de pierres avait, par hasard, divisé l'objet de telle façon que la veine blanchâtre de la pierre n'apparaissait que sur un fragment, tandis que l'autre ne présentait qu'une surface grise. C'est ainsi qu'il me fut possible d'expliquer la disparité de couleur notée dans la description de l'archéologue John Peters.
Peut-être le subconscient du professeur Hilprecht avait-il, au cours de longues heures d'étude, résolu l'énigme des fragments et suscité ce rêve insolite en vue d'attirer son attention sur cette possibilité non formulée. Le subconscient du professeur était assurément assez intelligent pour reconstituer le cylindre votif à partir de deux fragments d'agate. Est-il possible qu’il ait, seul, découvert cette vérité bien improbable?
Ou bien le prêtre de Baal avait-il traversé trente-deux siècles pour lui faire cette révélation ?
Source: Le Grand Livre du Mystérieux