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 la veritable histoire des clowns maléfiques

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MessageSujet: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeDim 17 Juin 2018 - 15:35

la veritable histoire des clowns maléfiques


Le clown maléfique est un personnage type de la culture populaire. Il désigne un clown, ou un personnage à l'apparence de clown, qui, malgré son apparence joviale, comique et joueuse, a un très mauvais fond caractérisé par un sadisme et une cruauté sans limites.

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Origine du stéréotype du clown maléfique

Le personnage du clown, stéréotypé par définition, est devenu un cliché et a été sujet à des détournements : au sens propre, le clown est un personnage comique, son interprète cherche à répandre le bonheur ; on peut alors, par antithèse, imaginer un clown triste (qui ne pourra répandre le bonheur), ou un clown qui cherche à répandre le malheur.

Par ailleurs, le clown, par son déguisement et ses mimiques, cherche à attirer la confiance et la sympathie de tous, et des enfants en particulier. Il peut donc utiliser cet aspect « positif » et innocent pour mieux tromper ses victimes.

Mais malgré cette apparence sympathique, de nombreuses personnes ont peur des clowns, à cause de leur apparence grotesque avec un lourd maquillage, traits physiques exagérés et excès de couleurs. Cette peur sous sa forme extrême peut être qualifiée de coulrophobie.

Cet effet de peur est renforcé par la présence grotesque d'un clown hors contexte : une citation attribuée à l'acteur Lon Chaney (1er avril 1883-26 août 1930) dit qu'« un clown sous la lune n'a rien de drôle » (« There is nothing funny about a clown in the moonlight »). En effet, si la présence d'un clown dans un cirque ou une fête est normale, et donc amusante, le même clown seul dans la nuit devient facilement effrayant.

Il est à noter que le rôle de Gwynplaine, dans la première adaptation cinématographique de L'Homme qui rit (1928) a d'abord été proposé à Lon Chaney, « l’homme aux mille visages » ; un personnage qui a probablement nourri l'imaginaire des générations suivantes pour aboutir notamment au clown maléfique.

Aux États-Unis d'Amérique, l'image du clown maléfique a pris de l'ampleur avec le tueur en série John Wayne Gacy (17 mars 1942-10 mai 1994), surnommé le « clown tueur » car il travaillait en tant que clown dans des fêtes d'anniversaire. Lorsqu'il fut emprisonné, il passa son temps à peindre des portraits de clown.

Fin 2014, plusieurs personnes des villes de France se sont déguisés en clowns maléfiques pour Halloween et se baladaient dans les rues avec des armes pour effrayer les passants. Plusieurs personnes ont été interpellées.

En automne 2016, de nombreuses personnes à travers plusieurs pays se sont aussi déguisées en clowns maléfiques pour semer la peur et intimider les gens, ce qui causa une panique générale, provoquant plusieurs accidents. Les costumes de clowns maléfiques furent interdits à plusieurs endroits


personnages réels

John Wayne Gacy  né le 17 mars 1942 à Chicago et mort le 10 mai 1994 à Joliet, est l’un des tueurs en série américains les plus connus, surnommé le « clown tueur » en référence à l'habitude qu'il avait de se déguiser en clown pour amuser les enfants dans les hôpitaux.

source : wikipédia

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Dernière édition par chantara le Dim 17 Juin 2018 - 16:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeDim 17 Juin 2018 - 15:42

Les origines des clowns agressifs dans la culture populaire

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La France a eu peur. Enfin, un peu et pas très longtemps… Durant quelques semaines et dans plusieurs localités, des individus déguisés en clowns ont effrayé les passants. Les signalements de clowns inquiétants ou agressifs se sont multipliés rapidement au point que la police nationale a publié le 24 octobre dernier un billet d’actualité sur le Phénomène des « clowns maléfiques ».




Flairant le bon sujet, certains médias n’ont pas hésité à tenter de créer des faux clowns menaçants pour un reportage télé, tandis que d’autres demandaient à des universitaires leur avis sur ce phénomène. Les explications les plus fréquemment avancées par les intellectuels sollicités sont toujours d’ordre psychologique ou sociologique. Parfois, le phénomène est décrit comme une rumeur singulière qui se propage essentiellement sur les réseaux sociaux . Toutes ces analyses ne manquent pas de rappeler que les clowns maléfiques ou agressifs appartiennent de longue date à la culture populaire. Cependant, les références précises à des personnages de cette fameuse « culture populaire » ne dépassent guère la mention du clown Pennywise du roman It (« Ça« ) de Stephen King, paru en 1986, la dernière saison de la série American Horror Story en 2014 , et l’inévitable renvoi au personnages du Joker, l’ennemi de Batman, qui lui est bien plus ancien puisqu’il date de 1940.

Du côté des blogs culturels ou universitaires, on retrouve ces mêmes interprétations psychologiques ou sociologiques , et les références à « l’imaginaire classique de la littérature et des films d’horreur » sur lequel reposerait le phénomène des clowns agressifs semblent plus évasives encore.

Par ailleurs, qu’elles proviennent de journalistes ou d’universitaires, toutes ces analyses mentionnent le cas du tueur en série américain John Wayne Gacy. Surnommé parfois the killer clown parce qu’il se déguisait en clown pour distraire les enfants dans les hôpitaux, Gacy a inspiré de nombreuses productions ou évocations dans la culture populaire à partir de la fin des années 1970.

En résumé, selon ces sources, la figure du clown agressif est associée à la culture populaire sans grande précision et cette association, à l’exception de la figure notable du Joker, ne remonte pas au delà d’une quarantaine d’années environ.


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L’exposition Böse Clowns (Evil Clowns) au Hartware MedienKunstVerein (HMKV) de Dortmund, Allemagne

Une exposition intitulée Böse Clowns (Evil Clowns) vient d’ouvrir il y a quelques semaines à Dortmund, au centre d’art HMKV, en association avec le Musée du Jeu de Paume à Paris

Les historiens de la musique ont établi que Leoncavallo s’est certainement inspiré d’un drame intitulé Un Drama Nuevo (1867) écrit par l’auteur espagnol Joaquín Estébanez [pseudonyme de Manuel Tamayo y Baus] et surtout d’une courte pièce de théâtre de Catulle Mendès, La femme de Tabarin, parue en 1887. Tabarin était à l’époque un nom de clown extrêmement populaire. Confondant la réalité et la fiction, Tabarin tue sa femme lors d’une représentation.

Mendès lui-même avait probablement copié son sujet dans une pièce plus ancienne de Paul Ferrier, Tabarin (1874) qui deviendra le livret d’un opéra d’Émile Pessard en 1885 (sur ses emprunts divers, lire How Did Leoncavallo Get the Idea for the Opera Pagliacci About a Clown? by Myron Yusypovych).

Le clown dans ces pièces est certes plus tragique que malfaisant mais son grimage est aussi le support d’une forme d’équivoque. Dans la pièce de Mendès comme dans celle de Leoncavallo, les spectateurs ne savent pas que la réalité et la fiction sont mélangées sous leurs yeux, et la confusion entre les deux conduit à une conclusion funeste; le masque du clown dissimule un véritable meurtrier, même si le crime est commis sans que celui-ci en soit conscient.

Si la figure du « clown agressif » semble ainsi remonter à la fin du dix-neuvième siècle, celle du « clown inquiétant », distincte et souvent confondue, apparaît un peu plus tard au début du vingtième siècle. Une précision s’impose ici. Quatre tropes visuels seront distingués dans le présent article (un trope visuel est une figure de style visuel facilement reconnaissable mais dont les caractéristiques formelles ne sont pas établies précisément; sur le concept de trope visuel, voir l’article La déploration du super-héros, 6 août 2012):

   le clown inquiétant, dérangeant, qui met mal à l’aise (scary clown),
   le clown effrayant, terrifiant (creepy clown),
   le clown agressif, violent, le plus souvent armé,
   le clown maléfique (evil clown) qui renvoie au « fond malfaisant » du personnage.

Cette typologie décrit une sorte de gradation de l’impact du personnage sur ceux qui le voient. Elle est aussi plus large qu’une simple classification d’un personnage négatif. Si les clowns terrifiants actuels (creepy) sont pratiquement toujours des evil clowns, il n’en est pas de même des clowns inquiétants (scary) d’il y a quelques décennies qui pouvaient être en fait des « gentils clowns » dont la physionomie bizarre est pourtant un peu angoissante.

Nous rencontrerons d’autres exemples de clowns inquiétants (scary) dans cette enquête.

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Le cinéma muet

Quelques films muets mettent en scène des clowns dont certains comportements sont éloignés de l’imagerie amusante habituelle. Ainsi, apparu en 1919, le personnage de dessin animé Koko créé par Max Fleischer est un gentil clown expressif et quelquefois étrange qui peut même se révéler coléreux. Il est aussi parfois représenté de manière assez patibulaire.

Parmi d’autres œuvres du cinéma muet, on peut citer également He Who Gets Slapped (Victor Sjöström, 1924) et Laugh, Clown, Laugh (Herbert Brenon, 1928), l’un et l’autre avec l’acteur Lon Chaney. Dans ces deux films, le personnage du clown est pathétique et meure à la fin de l’histoire ; dans He Who Gets Slapped , il camoufle par ce moyen son identité dans un rôle de pantin humilié qui se fait gifler sur scène, tandis que dans Laugh, Clown, Laugh il refoule sous son masque le sentiment amoureux qu’il éprouve pour une jeune fille qu’il avait recueilli.

On retrouve un tel personnage de clown dissimulateur et une fin tragique dans le film de Fritz Lang Spione (Les Espions, 1928). Haghi, directeur de banque, est en fait le chef d’un redoutable réseau d’espions. L’enquête des services secrets pour le démasquer conduit à un cirque où l’un des espions se produit comme clown. C’est en réalité Hagui. Démasqué, il menace de son revolver les inspecteurs chargés de l’arrêter et finit par se suicider. Il s’agit là probablement de l’une des toutes premières images d’un clown menaçant son entourage avec une arme à feu.

Bien qu’il ne s’agisse pas de l’histoire d’un clown, le film muet The Man Who Laughs (Paul Leni, 1928) mérite aussi d’être mentionné. En effet, le maquillage impressionnant du personnage de Gwynplaine, joué par l’acteur Conrad Veidt, a certainement influencé les représentations de scary clowns ultérieures et il est habituellement considéré comme l’une des sources du personnage du Joker de Batman (voir ci-dessous).

Les pulp magazines – années 1920-1930

Très populaires aux États-Unis durant la première moitié du vingtième siècle, les pulp magazines publiaient de nombreuses histoires sur des sujets extrêmement variés. À partir de la fin des années trente, les pulps ont profondément influencé par leurs histoires (crime, fiction, horreur, etc.) mais aussi à travers les illustrations de leurs couvertures l’industrie des comic books naissante alors à la recherche de nouveaux sujets, hors du comique proprement dit. Ainsi, les justiciers déguisés des pulps comme The Shadow, The Phantom Detective, The Spider, The Green Hornet, The Black Bat ont directement inspiré les héros costumés (The Phantom et The Clock dès 1936) puis les super-héros masqués des comics (Batman, Green Arrow, Mister Scarlet, etc.).

Créé en 1919 par l’écrivain américain Johnston McCulley, Zorro est sans conteste l’un des personnages masqués les plus célèbres apparu dans les pulps. McCulley avait une prédilection marquée pour les héros justiciers qui menaient une vie oisive de privilégié tout en agissant comme redresseurs de torts sous un déguisement. À côté de Zorro, on lui doit également d’autres personnages masqués désormais oubliés comme The Green Ghost, The Thunderbolt, The Man in Purple ou encore The Bat. En 1926, il créé The Crimson Clown: le playboy millionnaire Delton Prouse utilise ses compétences acquises durant la Grande Guerre pour voler les riches qui ont profité de la situation et redistribuer l’argent subtilisé aux nécessiteux qui le méritent. Déguisé en Crimson Clown, c’est une sorte de Robin des Bois poursuivi par le détective Donler. Comme nombre de héros de McCulley, il ne rechigne pas à user de la force et utilise un pistolet à gaz, une arme non létale; il n’hésite pas non plus à endormir ses ennemis à l’aide d’une seringue remplie de drogue.




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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeDim 17 Juin 2018 - 15:49

Souvent citée, la couverture de Detective Story Magazine d’octobre 1930 (avant-dernière image ci-dessus) est devenue un parangon du clown inquiétant (scary).

McCulley a publié The Crimson Clown de 1926 à 1931 puis il a repris brièvement le personnage à deux reprises, en 1936 et 1944. Par la suite, il s’est consacré à des héros devenus plus populaires comme Zorro et Thubway Tham.

The Crimson Clown demeure à notre connaissance le seul personnage de clown dont le grimage dissimule un tel archétype de brigand ambigu, à la fois détrousseur des riches et bienfaiteur des pauvres.

En 1959, le personnage est réactivé par le scénariste John Broome et le dessinateur Sid Greene dans la bande dessinée des aventures de Charlie Chan. Ce n’est plus alors un Robin des Bois mais un véritable criminel pourchassé par le détective.

Souvent citée, la couverture de Detective Story Magazine d’octobre 1930 (avant-dernière image ci-dessus) est devenue un parangon du clown inquiétant (scary).

McCulley a publié The Crimson Clown de 1926 à 1931 puis il a repris brièvement le personnage à deux reprises, en 1936 et 1944. Par la suite, il s’est consacré à des héros devenus plus populaires comme Zorro et Thubway Tham.

The Crimson Clown demeure à notre connaissance le seul personnage de clown dont le grimage dissimule un tel archétype de brigand ambigu, à la fois détrousseur des riches et bienfaiteur des pauvres.

En 1959, le personnage est réactivé par le scénariste John Broome et le dessinateur Sid Greene dans la bande dessinée des aventures de Charlie Chan. Ce n’est plus alors un Robin des Bois mais un véritable criminel pourchassé par le détective.

À l’inverse, certaines figurations donnent à voir un clown à la fois belliqueux et intrépide qui n’hésite pas à se bagarrer pour sauver une demoiselle en détresse.

Durant les années trente, l’image du clown agressif était dès lors devenue suffisamment populaire pour être utilisée en dehors des pulp magazines réservés aux adultes. Capable de tuer, même par jeu ou dans une simulation, il apparaît ainsi sur des dessins plutôt destinés aux enfants.

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Les comics – années 1940

La première représentation d’un clown agressif dans les comic books américains semble bien être l’histoire The Killer Clown parue dans Detective Comics n° 13 en mars 1938. Elle est signée Sven Elven, le créateur de Robin des Bois en bande dessinée qui venait d’être publié deux mois auparavant dans New Adventure Comics. À l’instar de McCulley une décennie auparavant, Elven apprécie visiblement les histoires de héros masqués ; dans The Killer Clown en effet, Cosmo, un gentleman aventurier, pourfendeur du crime et as du déguisement poursuit le clown criminel Berpo qui meurt à la fin de l’histoire.

On retrouve une trame similaire dans l’histoire de Palyachi, the Killer Clown écrite et dessinée par Will Eisner en juillet 1940. Eisner venait de créer le personnage de The Spirit, un justicier masqué qui devait devenir un classique de la bande dessinée. Dans cet épisode, le neuvième de la série destinée à figurer en encart dans les éditions dominicales des journaux, The Spirit est opposé à un criminel déguisé en clown dont le nom, Palyachi, a été inspiré à Eisner par l’opéra Pagliacci de Leoncavallo (v. supra).

The Joker

Le personnage de Batman a été créé en mai 1939 dans le numéro 27 de Detective Comics. Devant le succès de la série, l’éditeur DC Comics décide de lui consacrer un titre dont le premier numéro sort en avril 1940. C’est dans ce premier numéro du comic book Batman que le personnage du Joker fait son apparition, créé par Jerry Robinson, Bill Finger et Bob Kane. Les auteurs ont expliqué que l’idée du personnage vient effectivement de la figure du joker dans le jeu de cartes, influencé par le visage déformé de Gwynplaine dans le film The Man Who Laughs

Le Joker est un criminel psychopathe qui s’affirme très rapidement comme le pire ennemi de Batman, sa « némésis« . Bien que son visage ressemble à celui d’un clown inquiétant (scary), ce n’en est pas véritablement un. Il n’est pas maquillé. Plusieurs histoires peu cohérentes ont expliqué l’origine de son faciès effrayant. La plus courante raconte que le personnage est tombé dans un réservoir de déchets toxiques qui ont blanchi sa peau, coloré ses cheveux en vert et ses lèvres en rouge. Son rictus caractéristique par contre n’a pas été provoqué par cet accident car le Joker est parfois représenté sans afficher ce « sourire de clown sinistre » (ghastly clown’s grin). Son visage ainsi défiguré, sa personnalité s’est modifiée, il est devenu fou et criminel. La ressemblance de son visage avec celui d’un clown l’a fait surnommé parfois The Clown Prince of Crime ou plus simplement The Crime Clown. Évoluant dans un univers de héros dissimulés (Batman, Robin, Batgirl, etc.), semblable à un masqué parmi de véritables masqués, le Joker est conforme à la diégèse stéréotypée des clowns violents apparus dans les pulp magazines un peu plus tôt.

L’évolution graphique du personnage est trop complexe pour être décrite en détail ici [on se reportera à l’article de Wikipedia en anglais pour une première approche de son histoire]. Pour notre sujet, on rappellera seulement que le succès de ce faux clown a inspiré plusieurs personnages de vrais clowns maléfiques beaucoup moins célèbres.

« Joker-like » et autres clowns

Introduit en juillet 1940 dans le premier numéro de Super-Mystery Comics, Magno est un super-héros costumé aux pouvoirs magnétiques. À partir du numéro 4 de la publication, il est accompagné par un jeune garçon, Davey, doté de super-pouvoirs identiques. Le parallèle avec le duo Batman/Robin devient encore plus visible lorsque Magno et Davey affrontent ensemble, dans le numéro suivant, un vilain nommé The Clown dont la physionomie ressemble fort à celle du Joker.

D’autres super-héros de l »âge d’or » des comic books ont combattu des clowns malfaisants dont l’allure était clairement inspirée de celle du Joker. Ainsi, Green Arrow qui combat Bulls-Eye’s the Clown aka Leapo en 1946.

Indépendamment des super-héros, des clowns violents apparaissent dans plusieurs histoires

Un auteur a même imaginé en 1941 un clown méchant et doté de super-pouvoirs opposé au robot justicier Bozo.

Enfin, conformément à un mouvement général observé durant la Seconde Guerre mondiale, les super-héros ont combattu les Nazis parfois associés à des clowns difformes et maléfiques venus les aider dans leurs entreprises criminelles.

Les pulp magazines et les pulp books – années 1940-1960

Les clowns violents figurent assez fréquemment dans les pulp magazines des années 1940 et 1950.

Dans les shudders pulps – ces pulps qui présentent des histoires horrifiques -, des bouffons déments commettent des actes horribles, préfigurant les creepy clowns qui apparaîtront plus tard.

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Dans les années 1950-1970

L’apparence des clowns évolue sensiblement et l’on voit apparaître des « croisements » avec d’autres figurations de la bande dessinée d’horreur; les dents démesurées et agressives deviennent un élément essentiel de son faciès, le clown commence à se « zombifier ».

Dans les années 1970, la figure du clown agressif est désormais bien installée dans la bande dessinée américaine et commence à se propager à d’autres traditions graphiques. On la retrouve ainsi dans les fumetti érotiques italiens (elle sera reprise également plus tard dans les mangas, voir ci-dessous).

Les comics depuis les années 1980

Ces dernières décennies ont vu l’apparition d’une profusion de clowns agressifs dans les comics et au cinéma. Les formes graphiques ont évolué, elles sont devenues plus menaçantes et effrayantes en s’éloignant du modèle du bouffon réel. Néanmoins, les procédés mis au point durant les années précédentes sont toujours efficaces et les super-héros continuent à affronter de méchants clowns.

Les clowns inquiétants (scary) demeurent très présents. En 1992, Todd McFarlane crée dans le magazine Spawn le personnage de Violator, un démon qui prend habituellement le déguisement d’un gros clown au visage maquillé menaçant.

La pratique du maquillage dans la musique rock remonte aux années 1960 avec les performances du rocker britannique Arthur Brown. Dans les années 1970, les spectacles des groupes américain Alice Cooper et Kiss empruntent au grand guignol et les musiciens se produisent outrageusement grimés sur scène. Le maquillage de type corpse paint sera ensuite utilisé par certains groupes de métal pour accentuer leur aspect démoniaque. La technique sera poursuivie par certains groupes hip-hop horrorcore dont l’un des plus connu est Insane Clown Posse, créé en 1989, dont les deux membres se produisent sur scène maquillés en clowns maléfiques depuis 1991.
Le nom du groupe a inspiré par la suite un titre de comics d’horreur.

À noter également que le groupe a créé sa propre ligue de catch (wrestling) et apparaît sous son déguisement de clowns dans plusieurs films (Shockumentary, 1997; Big Money Hustlas, 2001; Born Twiztid: Beyond the Freekshow, 2002; Death Racers, 2008; Big Money Rustlas, 2010, etc.).

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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeDim 17 Juin 2018 - 15:56

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1970-1990

Ces deux décennies voient l’apparition des clowns maléfiques au cinéma. Le genre se développe alors lentement. Deux titres marquent cette époque et auront une grande influence: Killer Klowns from Outer Space (Stephen Chiodo, 1988) – qui n’est pas historiquement le premier film de clowns maléfiques comme on le pense parfois puisque trois films au moins le précèdent – et It (Tommy Lee Wallace, 1990) d’après le roman de Stephen King paru en 1986, qui fixera le personnage de Pennywise. À noter également l’étonnant Terror on Tour (Don Edmonds, 1988) qui met en scène le groupe de rock The Clowns inspiré de Kiss.

1991-2000

Durant la décennie suivante, le rythme s’accélère. Le personnage du clown maléfique s’affirme, notamment dans Camp Blood et Camp Blood 2 (Brad Sykes, 2000) et Killjoy (Craig Ross Jr., 2000) qui suscitera lui-aussi plusieurs suites. La figure donne naissance progressivement à un sous-genre du film d’horreur.

2001-2004

Le sous-genre horrifique evil clown est maintenant bien établi, les sorties s’accélèrent et un marché de niche se développe. Parmi les titres de cette période, on remarque Gacy (Clive Saunders, 2003) inspiré par l’histoire du tueur en série John Wayne Gacy et le curieux film d’animation Feast of Fools (Robert Kleinschmidt & Tracey Waaka, 2004). Le personnage du Captain Spaulding, clown dégénéré et meurtrier, fait son apparition dans les films de Rob Zombie House of 1000 Corpses (2003) et The Devil’s Rejects (2005). Il deviendra vite célèbre chez les amateurs du genre.

2005-2007

L’apparition des suites Within the Woods (Brad Sykes, 2005) par le réalisateur de Camp Blood et Camp Blood 2 en 2000 et Fear of Clowns 2 (Kevin Kangas, 2007) après le premier opus de 2004 confirme la tendance aux personnages récurrents, déjà observée à partir de Killjoy 2 en 2002.

En 2007, Drive-Thru (Brendan Cowles & Shane Kuhn) introduit Horny the Clown, un serial killer mascotte d’un restaurant et parodie de Ronald McDonald.

2007-2010

Deux films inspirés du tueur en série John Wayne Gacy sortent en 2010: Dahmer vs. Gacy (Ford Austin), associant Gacy et un autre serial killer américain Jeffrey Dahmer, et Dear Mr Gacy (Svetozar Ristovski). À noter également le clip de Patrick Boivin Le Queloune avec Dominique Pinon [disponible sur youtube].

2014-2015

La saison 4 (Freak Show) de la série American Horror Story créée par la chaîne de télévision américaine FX introduit le personnage de Twisty the Clown avec la volonté d’en faire le clown le plus terrifiant de toute l’histoire du genre. Incarné par l’acteur John Carroll Lynch, Twisty est de fait un clown épouvantable qui a ravi les connaisseurs…

Plusieurs films sont annoncés en 2015 dont 31 du vétéran Rob Zombie à qui l’on doit House of 1000 Corpses (2003) et The Devil’s Rejects (2005); on ne sait pas si le personnage du Captain Spaulding reprendra du service dans ce nouvel opus.

Enfin, une nouvelle adaptation du roman It de Stephen King sera réalisée par Cary Fukunaga; là encore, on ignore si la physionomie mémorable du Pennywise de 1990 sera reprise.

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Du masque à la naturalisation

Le phénomène fugace des clowns agressifs rappelé au début de cet article demeure très secondaire au regard de l’engouement pour les evil clowns que l’on peut observer depuis plusieurs années. Qu’il s’agisse de vidéos déconcertantes ou dérangeantes postées sur YouTube, de photos supposées impressionnantes [1, 2, 3, 4], de bric-à-brac et d’accessoires divers en ventes sur eBay ou sur les boutiques Amazon, les clowns maléfiques rencontrent un grand succès auprès d’un public amateur de provocations vaguement horrifiques, visiblement stimulé par la pratique désormais répandue du cosplay, c’est-à-dire l’activité consistant à se costumer en personnages de fiction. Mais si les références – explicites ou non – de ces pratiques visuelles actuelles sont manifestement à rechercher du côté du cinéma (comme le mentionne à juste titre la directrice de l’exposition Böse Clowns précédemment citée), il n’en reste pas moins que l’histoire est bien plus ancienne et complexe qu’il n’y paraît et ne se réduit pas à quelques jalons emblématiques dans la culture populaire.

Au long d’une histoire centenaire, la figure du clown menaçant a quelque peu évolué. Pour ne mentionner que les principaux stéréotypes rencontrés, il est d’abord un personnage à la physionomie inquiétante, il est aussi tragique lorsqu’il devient violent à son insu; il est ensuite bandit grimé ou justicier déguisé, devient criminel invétéré, se transforme en zombie ou tout au moins subit l’influence de cette figure horrifique, et achève son évolution en se cristallisant sur le trope visuel evil clown, développé à partir des années 1970, d’abord dans les comics puis au cinéma. Dans ce panorama, certains clowns agressifs ne sont pas fondamentalement méchants. Ce sont en fait des clowns gentils, de véritables clowns au sens habituel qui ont été conduits à la violence pour des raisons qui les dépassent. Mais ce type de personnage dramatique particulier n’a guère duré. De la même manière, le justicier déguisé en clown est semble-t-il fort peu représenté à la fin des années 1920 et les bandits grimés disparaissent rapidement. Enfin, la figure du clown inquiétant s’estompe progressivement au long des années et seuls les clowns vraiment agressifs subsistent, sous forme de criminels classiques bientôt supplantés par des meurtriers maléfiques et psychopathes.

Replacé ainsi dans son histoire, la figure du clown maléfique apparaît presque comme le point d’aboutissement d’une longue série de personnages typés puisés dans l’ensemble des productions visuelles majeures de la culture populaire (pulps, comics, cinéma). Le recensement ici effectué, ouvert largement sur des productions que l’on néglige parfois (les pulps notamment), montre l’effacement progressif des autres figurations devant ce personnage devenu si fort.
Dans cette « mutation », la figure du Joker est évidemment centrale. Pas véritablement en tant que clown (rappelons que ce n’en est pas un stricto sensu), mais parce qu’il impose par son succès considérable une sorte de naturalisation d’un personnage qui n’est pas un être grimé, déguisé, mais un individu qui est « par essence » clownesque et mauvais à la fois. À partir de la figure du Joker, les clowns méchants ne sont plus systématiquement des personnages déguisés. Il n’est plus important qu’il existe un autre individu sous le masque du clown. Le clown méchant est juste clown et il est méchant, il n’est rien d’autre, il ne dissimule rien. Le masque n’est plus l’irruption de la fiction dans la réalité; il n’y a plus vraiment de masque mais un faciès réel qui ressemble à un masque. Issue de la figure du Joker, la naturalisation du personnage du clown méchant a aboli la frontière entre fiction et réalité pour s’accomplir dans le trope visuel du clown maléfique.


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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeDim 17 Juin 2018 - 22:09

Je vais faire des cauchemars lol sont pas beau les clowns, vraiment !
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chantara
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chantara

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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeLun 18 Juin 2018 - 14:03

Oui moi aussi, je suis clourophobe et j'en ai une peur bleue.
j'ai été stupéfié que l'origine des clowns maléfiques remontent aussi loin. Very Happy

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EVE
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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitimeVen 22 Juin 2018 - 15:41

beurk ! tu as fait un casting d'horreur chantara ?
Very Happy le clown est censé faire rire par l'autodérision, se moquer de soi ou des autres, se rendre ridicule pour faire rire... en soit , c'est grotesque et du coup cela devient pathétique pour moi.
je n'en ai pas peur, mais je ne les aime pas.
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MessageSujet: Re: la veritable histoire des clowns maléfiques   la veritable histoire des clowns maléfiques Icon_minitime

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